< class="pagetitle">Archives pour avril 2009

Sonata for the lonely
   [Sonata for the lonely] © Nirelleth

Je m’étais promis d’écrire ici ce soir…
Je crois même que j’avais deux ou trois choses importantes à dire…
Mais voilà ce soir une femme a tout changé…
Ce soir une femme m’a bluffé…
Avec juste trois couleurs…
Le noir du piano…
Le blanc de sa peau…
Le bleu de ses mots…
Sans parler du grave inattendu de sa voix…
Si embarquer a un sens…
Je veux dire monter dans un bateau qui t’emmène ailleurs…
Alors elle m’a embarqué…
Alors ce soir, c’est moi qui m’incline devant elle…

Moi qui n’aime pas les règles, je satisferai son vœu…
J’en édicterai pour elle…

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lui aussi
il aurait voulu être un artiste
vivre comme un anarchiste millionnaire
vous connaissez la chanson
il aurait voulu être un artiste
c’est ce qu’il dit parfois
mais c’est quoi un artiste
c’est quelqu’un qui voit votre âme
et qui sait la montrer
peut-être même qu’il vous la prend un peu
ils avaient raison les vieux indiens d’Amérique
qui avaient peur d’être pris en photo
parce qu’ils croyaient que c’est leur âme qu’on prenait
moi il m’a prise en photo deux fois seulement
c’est bizarre d’ailleurs des fois il fait mille photos avec une fille
et moi deux seulement allez comprendre
mais jamais j’ai été aussi… nue
pas parce que je suis à poil sur ces images
bon d’accord je suis (aussi) à poil
mais parce que j’ai jamais été aussi moi sur une photo
sûrement il a pris un peu de mon âme
il y a qu’un artiste un vrai qui peut faire ça
alors il aurait voulu être un artiste
mais vous voyez pas qu’il l’est (déjà)
que sans doute il l’a toujours été
parce qu’il a le regard qu’il faut
seulement voilà pour l’être complètement
il faut qu’il en soit sûr lui aussi
c’est peut-être pas trop tard
alors si vous l’aimez
si vous avez croisé son regard
vous savez vous pouvez pas ne pas savoir
alors putain dites-le lui
qu’il est un artiste
et peut-être qu’il finira par le croire
c’est peut-être pas trop tard
et s’il en profite pour prendre un petit morceau de votre âme
après tout c’est pas bien grave

moi je veux juste lui dire « deux petits mots, un trait d’union, des points de suspension »
prends-moi…

barefoot on metallic stairs
   photo © iXéo / non, la fille c’est pas moi !

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il faut bien que je dise quelque chose
seulement voilà moi je suis plus douée pour les traits que pour les mots
déformation professionnelle sans doute
plus douée avec un crayon (ça s’appelle AutoCad un crayon de nos jours) qu’avec une plume
sauf que les ailes du désir se sont ébrouées
sauf que les ailes du plaisir se sont déployées
et en général les ailes sont faites avec des plumes
alors je fais quoi avec toutes ces plumes
avec les plumes on s’envole
on monte au ciel
le septième de préférence
avec les plumes on écrit aussi
alors je fais un petit effort

il faut bien que je dise quelque chose
et il paraît que j’ai le droit de tout dire
mais quand même moi je suis juste invitée ici
alors je sais pas trop si je peux dire tout et surtout n’importe quoi
surtout que comme dirait mon père je suis un peu foutraque
on dit que ça fait partie de mon charme

il faut bien que je dise quelque chose
et voilà je me noie dans les précautions oratoires et du coup j’ai encore rien dit
déjà il faut que je rattrape le temps perdu
alors je vais faire vite vite vite
je vais juste vous dire deux trois choses
celles qui font battre mon cœur et palpiter mon esprit

voilà
vingt-cinq ans après avoir cligné des yeux la première fois
j’ai trouvé ma place
à côté de lui
avec lui
pour le plaisiiiiiiiiir (herbert, si t’existais pas, faudrait t’inventer)
ouiiiiiiiii
mais pas rien que pour le plaisir (putain j’en ai marre de taper des iii)
toute ma place
et puis si des fois on pleure au lieu de se marrer
c’est pas bien grave du moment qu’on pleure ensemble
l’alchimie des larmes mêlées est une science encore mal connue
on sait pas trop d’où ils viennent ces trucs brillants dans les pleurs mélangés
qui font que le lendemain on ne pleure plus
j’espère quand même qu’on va se marrer plus souvent qu’on va pleurer
j’ai trouvé ma place

voilà (c’est la minute coup de gueule, si ça vous gonfle, vous pouvez zapper)
je hais la vulgarité en images en mots en actes
celui que vous appelez ixéo et que moi j’appelle jean-louis
des fois il fait des photos violemment érotiques
et permettez-moi de vous dire que y a pas que les photos
mais il n’oublie jamais la touche d’élégance un mot qui lui est cher
ce petit je sais pas quoi qui fait que c’est beau au lieu d’être cochon
non je ne m’égare pas c’est juste un préambule aux quelques lignes qui suivent
toi qui pense que je suis trop jeune pour lui
toi qui pense qu’il est trop vieux pour moi (non c’est pas la même chose)
toi qui pense que je suis une petite pute parce que je veux bien être soumise
et je vous dirai pas ici enfin pas encore pourquoi et si c’est plus qu’un jeu
va te faire foutre c’est toi qui es vulgaire

voilà (on redevient positifs, alors zappez pas)
si j’ai bien compris l’usage c’est de mettre une image quand on écrit ici
déjà je fais pas comme le maître des lieux je la mets à la fin
si ça se trouve je vais être bonne pour une punition
mais non je plaisante (quoique)
le photographe il vous dira qu’elle est nulle cette photo techniquement
moi je trouve pas en plus faut dire qu’il faisait quasiment nuit et qu’il pleuvait
alors il a quelques excuses vous ne trouvez pas
moi cette photo je l’aime pour ce qu’elle représente
le moment où j’ai déployé les ailes du plaisir
l’instant où j’ai trouvé ma place

les ailes du plaisir
    photo © iXéo / clermont-ferrand / pâques 2009

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   Histoire sans paroles… dédiée à ML…

elliptic memory 1

elliptic memory 2

elliptic memory 1

   [elliptic memory 1 / 2 / 3] © iXéo

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Rappel des épisodes précédents, à lire dans cet ordre :
L. [épisode 1]
L. [épisode 2 & 3]
L’invitation, par Volcane, sur son blog
L’invitation [suite]
L’invitation [le corset]
L’invitation [intermède]
L’invitation [mes mots pour L.]
L’invitation (suite), par Volcane, sur son blog

Pour une lecture plus facile, l’histoire de L. est regroupée dans la catégorie L’invitation


Merci infiniment à Volcane de s’être faite l’interprète des pensées et des mots de L.
C’est à lire ici : L’invitation (suite)

ambiance musicale :

Downtown Train (Tom Waits)


« Restez, je vous en prie. »
Les derniers mots prononcés par L. avant le silence.
Les derniers mots avant une longue contemplation réciproque.
Les derniers mots avant que je ne lui intime l’ordre de se lever.
De venir à moi.

Punished II
   [Punished II] © Ezo

En cet instant, j’éprouve une profonde et sincère admiration pour cette jeune femme. Pour ce qu’elle est et pour ce qu’elle ose. De l’admiration, et du désir aussi. En cet instant, je me dis que c’est moi qui dois ne pas faiblir, ni maintenant, ni plus tard, parce qu’elle ne faiblira pas, jamais. En cet instant, je sais que sa prière pour que je reste est aussi le serment qu’elle se fait à elle-même d’aller jusqu’au bout. Je ne dois pas la décevoir.

L. s’est levée, s’est approchée. Je me lève à mon tour. Elle est debout, nue, à quelques centimètres seulement de moi. Elle baisse les yeux, puis les relève, plante son regard dans le mien. Je perçois une hésitation, puis elle avoue, à voix basse…

« J’ai peur… »

Ayant désormais tout dit, elle baisse à nouveau les yeux. Elle attend. D’une voix neutre, je lui demande si elle a des ceintures.

« Oui, plusieurs… Vous voulez les voir ? Venez… »

Je la suis dans sa chambre. D’un tiroir, elle sort plusieurs ceintures et me les présente. Je choisis la plus fine, lui fait signe qu’elle peut ranger les autres. Je la prends par un bras, je la jette sur le lit, à plat ventre. La ceinture est à la hauteur de mes attentes : elle siffle, puis délivre un claquement sec en s’abattant sur la peau, où elle laisse une marque sévère. Je suis attentif à ne pas frapper deux fois au même endroit, en remontant du creux des reins aux épaules. A chaque coup, L. gémit et se cambre. Une douzaine de marques, obliques, parfaites. Je fais le tour du lit pour frapper dans l’autre sens, pour que les marques se croisent. Une ou deux fois, un peu de sang perle à la croisée de deux marques…

« Tournez-vous ! Sur le dos ! Et fermez les yeux… »

L. s’exécute. Je cingle ses seins, trois fois, trois fois seulement. Assez pour la faire hurler. Puis je me sers de cette ceinture pour lui attacher les chevilles. Je lui caresse doucement les cheveux, je l’embrasse… Elle ne dit pas un mot, mais en cet instant, il est facile de se noyer dans son regard…

« Maintenant, reposez-vous… Je reviendrai demain… »

Je la laisse apprivoiser sa douleur…

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