Je pourrais vous dire que la ville de Dessau m’intéresse parce qu’elle est le berceau de l’école d’architecture allemande connue sous le nom de Bauhaus. Et qu’elle a ainsi hébergé, entre autres, Walter Gropius, Ludwig Mies van der Rohe, Paul Klee et Vassili Kandinski… Je pourrais vous dire aussi qu’elle m’intéresse parce qu’elle est la ville natale de Kurt Weill… Et rien de tout cela ne serait complètement faux…
Mais la vraie raison de mon attachement pour Dessau est ailleurs, dans un cimetière, où repose mon grand-père maternel, prisonnier en Allemagne et tué par un bombardement américain le 7 mars 1945… Depuis que je connais son histoire, je lui dois, ainsi qu’à ma grand-mère, ma tendance à ne jamais en vouloir à personne… A qui aurait-elle pu en vouloir ? Aux Allemands ? Aux Américains ? Elle a préféré le pardon à une haine stérile, et c’est une valeur qu’elle a véhiculé toute sa vie…
Le respect d’une grande intelligence envers une autre, non moins grande…
Leur vision du monde n’était pas la même, mais ils pouvaient se comprendre…
Un exemple.
L’ex-leader du mouvement de mai 1968 Daniel Cohn-Bendit a qualifié aujourd’hui de «véritable républicain» Maurice Grimaud, qui était préfet de police à cette période et dont la mort a été annoncée aujourd’hui. «Il a joué un rôle très important parce qu’il a essayé d’expliquer aux policiers les limites de l’action policière. C’était un véritable républicain», a déclaré l’eurodéputé à France Info.
«Pour lui, il y avait maintien de l’ordre, et pour lui maintien de l’ordre, ça ne voulait pas dire des ordres agressifs contre les manifestants», a-t-il poursuivi. «ll essayait d’y voir clair, et alors que le gouvernement de l’époque voulait faire de la politique et détruire le mouvement, il avait une vision de l’ordre d’un côté, mais il comprenait d’un autre côté la révolte des jeunes», a-t-il ajouté.
L’ex-préfet Grimaud, qui «m’a toujours soutenu et a protesté contre mon expulsion après 68», a souligné Daniel Cohn-Bendit, estimant qu’il avait été un préfet de police hors norme. L’ayant rencontré l’an dernier à l’occasion des 40 ans de mai 1968, Daniel Cohn-Bendit a affirmé que leur discussion avait été passionnante. «Il y avait des milliers de livres chez lui, c’était un vrai intellectuel», a conclu l’eurodéputé.
Le ciel plombé annonce l’orage imminent, ce que confirme la pesante moiteur de l’air ambiant…
Elle descend l’avenue d’un pas léger et insouciant, pieds nus, ses chaussures à la main…
Le décolleté de son chemisier n’évite l’indécence que grâce à la charmante insignifiance de sa poitrine…
De mon balcon du premier étage, je la suis des yeux, subjugué par sa démarche dansante…
Le premier coup de tonnerre la surprend et lui arrache un petit cri d’animal blessé…
Elle s’arrête et surprend mon regard insistant, qu’elle affronte en riant, elle n’a plus peur…
Au moment où commence à s’abattre sur elle la pluie d’orage, tiède mais lourde, violente…
En un instant elle est trempée, son chemisier devenu transparent lui fait comme une seconde peau…
L’une après l’autre, elle me lance ses chaussures, avec une étonnante précision…
Une minute plus tard, j’ouvre ma porte, elle est déjà sur le palier, en train d’ôter son chemisier…
Dehors, l’orage se déchaîne…
Le mois de Juin aura donc passé sans que j’écrive un seul mot ici…
Pourquoi ?
Parce que je déteste écrire pour ne rien dire…
Parce que le plus important était de continuer à construire la réalité…
Édicter les règles pour elle, les mettre à l’épreuve du quotidien, telle a été ma priorité tout au long de ce mois de juin…
Beaucoup de réflexion, d’attention, d’énergie, toutes mobilisées pour ne pas nous engager dans de mauvaises directions…
Le temps du silence et de la réserve est maintenant passé !
Celui de réanimer cet espace après un mois d’inactivité est venu…
Place à la lumière.
J’ai appris ce matin le décès de ma grand-tante, à l’âge de 94 ans.
Certes, à cet âge, il est difficile de parler d’injustice…
Mais ça me fait quand même un bleu à l’âme…
Je l’aimais bien, et je crois qu’elle m’aimait bien aussi !
Je crois aussi qu’elle m’a toujours compris, mieux que bien des gens plus jeunes…
Peut-être parce que sa vie difficile lui avait inspiré une grande indulgence.
Malgré mon bleu à l’âme, je n’ai pas envie d’être trop triste.
Parce qu’elle, toujours si gaie et prête à rire, en aurait été désolée.
On m’a dit que tu es partie paisiblement, j’en suis heureux.
Je ne pourrai pas être là mardi, et je le regrette terriblement…
Mais je viendrai bientôt t’apporter une de ces fleurs que tu aimais !
J’espère que tu reposeras en paix au fond de la campagne creusoise.
Tu l’aimais tant, cette campagne…
Au revoir, Paulette, tu vas me manquer !
«This Time» est le titre de cette photo… Cette fois…
Cette fois, je vais faire le bon choix, ou plutôt je vais choisir, tout simplement, et ne pas fuir…
En fait, le futur, même immédiat, est de trop… J’ai déjà choisi !
Je l’ai choisie…
Cette fois, la réalité rencontre étrangement la fiction…
Côté pile, L. se prépare à vivre d’inoubliables aventures, en quête de sa lumière !
Côté face, ML trouve sa place dans ma vie…
C’est une rencontre, un hasard peut-être (ou peut-être pas…), pas une confusion.
Dans la vraie vie, ML a ses motivations, ses désirs, ses fantasmes, tous bien à elle !
Au-delà de certaines apparences, ce ne sont pas ceux que je prête à L. dans «L’invitation»…
Pour ne citer qu’une différence, L. n’a pas besoin de règles, L. ne veut aucune règle…
Comment, dans un cadre prédéfini, explorer librement la terra incognita de ses plus sombres désirs ? ML, au contraire, veut des règles… ML, probablement, a besoin de règles pour installer ses désirs dans la réalité…
Même si je n’ai rien écrit récemment, je n’oublie pas L. et «L’invitation»… L. mérite que je ne l’abandonne pas, et je ne l’abandonnerai pas, elle doit seulement accepter une temporaire mise entre parenthèses !
Elle ne peut que comprendre que toute mon attention doit, pour le moment, être concentrée sur ML et sa nouvelle place dans ma vie.
Je termine avec mes sincères remerciements à Métastable qui m’a fait l’honneur et le plaisir de choisir une de mes photos pour illustrer son dernier texte…
Je m’étais promis d’écrire ici ce soir…
Je crois même que j’avais deux ou trois choses importantes à dire…
Mais voilà ce soir une femme a tout changé…
Ce soir une femme m’a bluffé…
Avec juste trois couleurs…
Le noir du piano…
Le blanc de sa peau…
Le bleu de ses mots…
Sans parler du grave inattendu de sa voix…
Si embarquer a un sens…
Je veux dire monter dans un bateau qui t’emmène ailleurs…
Alors elle m’a embarqué…
Alors ce soir, c’est moi qui m’incline devant elle…
Moi qui n’aime pas les règles, je satisferai son vœu…
J’en édicterai pour elle…
Merci infiniment à Volcane de s’être faite l’interprète des pensées et des mots de L.
C’est à lire ici : L’invitation (suite)
ambiance musicale :
Downtown Train (Tom Waits)
« Restez, je vous en prie. »
Les derniers mots prononcés par L. avant le silence.
Les derniers mots avant une longue contemplation réciproque.
Les derniers mots avant que je ne lui intime l’ordre de se lever.
De venir à moi.
En cet instant, j’éprouve une profonde et sincère admiration pour cette jeune femme. Pour ce qu’elle est et pour ce qu’elle ose. De l’admiration, et du désir aussi. En cet instant, je me dis que c’est moi qui dois ne pas faiblir, ni maintenant, ni plus tard, parce qu’elle ne faiblira pas, jamais. En cet instant, je sais que sa prière pour que je reste est aussi le serment qu’elle se fait à elle-même d’aller jusqu’au bout. Je ne dois pas la décevoir.
L. s’est levée, s’est approchée. Je me lève à mon tour. Elle est debout, nue, à quelques centimètres seulement de moi. Elle baisse les yeux, puis les relève, plante son regard dans le mien. Je perçois une hésitation, puis elle avoue, à voix basse…
« J’ai peur… »
Ayant désormais tout dit, elle baisse à nouveau les yeux. Elle attend. D’une voix neutre, je lui demande si elle a des ceintures.
« Oui, plusieurs… Vous voulez les voir ? Venez… »
Je la suis dans sa chambre. D’un tiroir, elle sort plusieurs ceintures et me les présente. Je choisis la plus fine, lui fait signe qu’elle peut ranger les autres. Je la prends par un bras, je la jette sur le lit, à plat ventre. La ceinture est à la hauteur de mes attentes : elle siffle, puis délivre un claquement sec en s’abattant sur la peau, où elle laisse une marque sévère. Je suis attentif à ne pas frapper deux fois au même endroit, en remontant du creux des reins aux épaules. A chaque coup, L. gémit et se cambre. Une douzaine de marques, obliques, parfaites. Je fais le tour du lit pour frapper dans l’autre sens, pour que les marques se croisent. Une ou deux fois, un peu de sang perle à la croisée de deux marques…
« Tournez-vous ! Sur le dos ! Et fermez les yeux… »
L. s’exécute. Je cingle ses seins, trois fois, trois fois seulement. Assez pour la faire hurler. Puis je me sers de cette ceinture pour lui attacher les chevilles. Je lui caresse doucement les cheveux, je l’embrasse… Elle ne dit pas un mot, mais en cet instant, il est facile de se noyer dans son regard…
« Maintenant, reposez-vous… Je reviendrai demain… »
photo
dans mon viseur, elle serait nue, comme une Autre
elle ferait la pornstar, et ça la ferait rigoler
je lui dirais « t’as pas honte » sans le penser
inceste
dans mon lit, elle serait venue, comme une Autre
sans penser à mal, sans penser du tout, baiser
je lui dirais « c’est pas bien » sans le penser
bonheur
au bout du monde, elle serait partie, comme une Autre
sûrement avec un type que je pourrais pas encaisser
je lui dirais « quelle connerie » sans le penser
déclencheur, appuyé à fond, clic-clac de l’obturateur