Tout récemment, j’ai offert une ballade en ville à mon 50mm f/1.8 dont voici un premier aperçu :
Pour moi qui ne suis pas très habitué aux focales fixes, c’était un peu un exercice de style, presque une autre façon de faire des photos. Dans un premier temps, je me suis senti comme frustré par l’impossibilité d’ajuster le cadrage par un rapide coup de zoom. Je crois que tout photographe revenant au 35mm ou au 50mm après une longue période d’utilisation de zooms me comprendra ! Mais une fois cette frustration initiale dépassée, j’ai (re)découvert le vrai plaisir de la nécessité de soigner le cadrage autrement que par un changement de focale approximatif, de mieux tenir compte des perspectives, bref de penser la photo, de se projeter dans l’avenir de l’image, avant d’appuyer sur le déclencheur. Le plaisir de construire…
De fil en aiguille, par un de ces étranges cheminements dont l’esprit humain a le secret, cette (re)découverte m’a amené à une réflexion, à un parallèle, sur un sujet qui préoccupe et passionne une partie de mon entourage proche (familial notamment) : « Vais-je refaire ma vie ? » Première observation : a-t-elle donc été à ce point «défaite», ma vie, pour qu’il soit besoin que je la «refasse» ? Plus sérieusement : bien sûr, une séparation puis un divorce après 18 ans de vie commune avec la même femme, ce n’est peut-être pas un chantier de démolition, mais ça laisse quelques traces, quelques balafres. Mais il y a d’autres occasions dans la vie de se faire de belles cicatrices ! Le plus important, c’est que ça laisse de la place, ça laisse un espace, dont on ne sait pas trop ce qu’on doit en faire…
On peut choisir les rapides changements de focale, le parcourir en tous sens, cet espace, le survoler en papillonnant d’une amante à l’autre. « Une de perdue, dix de retrouvées ? Une femme dans chaque port ? » Vous pouvez dire ça, après tout ce n’est pas si loin de la réalité; vous pouvez dire ça, à condition de ne pas l’assortir d’un clin d’œil grivois trop appuyé. Vraie liberté ou liberté illusoire, cette option a été la mienne jusqu’à présent. Elle m’ennuie ? Hop, un coup de zoom, je vais voir ailleurs où l’herbe est, paraît-il, plus verte ! Elle ne me donne pas assez ? Hop, un coup de zoom… Elle est vraiment trop chiante ? Hop, un coup de zoom. J’allais oublier : je l’ennuie, je ne lui donne pas assez, je suis vraiment trop chiant ? Hop, c’est elle qui donne un coup de zoom ! Eh oui, ça arrive aussi…

[Hanging out the washing] © David Holmes (modèle : Samantha)
Ou alors, on peut choisir la focale fixe, prendre la mesure de cet espace, en organiser le partage, envisager les perspectives d’une relation, se projeter dans son avenir - sans pour autant renoncer aux plaisirs turbulents de l’instant présent. (Re)découvrir le plaisir de bâtir à son rythme. (Re)découvrir le désir de l’engagement, envers soi et envers l’autre, pour le Meilleur et pour le Pire. Au cours des quatre dernières années, je n’ai rencontré qu’une femme ancrée dans ce souhait de construire et de s’engager. Ce n’est pas une excuse, mais je n’étais pas prêt. Alors j’ai pris grand soin de casser cette relation sans retour possible. Les arguments étaient faciles, à commencer par une soi-disant trop grande différence d’âge; les moyens encore plus faciles, comme céder à d’autres tentations…
Aujourd’hui, je le regrette. Je ne suis peut-être pas plus «prêt» qu’à l’époque. Le serai-je jamais ? Mais je regrette de ne pas avoir donné sa chance à ce «possible». Je regrette, Marianne, de ne pas t’avoir donné «ta» chance, toi qui y croyais tant. Je sais, parce que tu me l’as dit, et que tu l’as dit à d’autres, que tu m’as pardonné. Tu étais la douceur et la confiance. Je ne sais pas si, là-bas au fond de l’Amazonie où tu as choisi de continuer ta route, tu liras un jour ces lignes. Petite Marianne, douce Marianne, je te dédie quand même ce billet, qui témoigne que ce que tu as semé n’est peut-être pas tout-à-fait mort en moi…
« Les regrets ne sont pas éternels… »






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Bonour iXéo.
C’est mon premier passage sur votre blog (je viens du coté de chez Volcane).
Je viens tout juste d’acheter un 50 mm 1.2 ou comment redécouvrir le plaisir de la photographie ( focale fixe + map manuelle)
Du coté sentiments je suis en argentique depuis 28 ans j’aime bien les chambres noires et ne compte pas refaire ma vie de si tôt.
D’ailleurs cette expression est étrange “on ne se refait pas ” par contre il est évident que l’ attitude vis à vis de sa propre existence peut évoluer en bien comme en mal…