Le ciel plombé annonce l’orage imminent, ce que confirme la pesante moiteur de l’air ambiant…
Elle descend l’avenue d’un pas léger et insouciant, pieds nus, ses chaussures à la main…
Le décolleté de son chemisier n’évite l’indécence que grâce à la charmante insignifiance de sa poitrine…
De mon balcon du premier étage, je la suis des yeux, subjugué par sa démarche dansante…
Le premier coup de tonnerre la surprend et lui arrache un petit cri d’animal blessé…
Elle s’arrête et surprend mon regard insistant, qu’elle affronte en riant, elle n’a plus peur…
Au moment où commence à s’abattre sur elle la pluie d’orage, tiède mais lourde, violente…
En un instant elle est trempée, son chemisier devenu transparent lui fait comme une seconde peau…
L’une après l’autre, elle me lance ses chaussures, avec une étonnante précision…
Une minute plus tard, j’ouvre ma porte, elle est déjà sur le palier, en train d’ôter son chemisier…
Dehors, l’orage se déchaîne…
«This Time» est le titre de cette photo… Cette fois…
Cette fois, je vais faire le bon choix, ou plutôt je vais choisir, tout simplement, et ne pas fuir…
En fait, le futur, même immédiat, est de trop… J’ai déjà choisi !
Je l’ai choisie…
Cette fois, la réalité rencontre étrangement la fiction…
Côté pile, L. se prépare à vivre d’inoubliables aventures, en quête de sa lumière !
Côté face, ML trouve sa place dans ma vie…
C’est une rencontre, un hasard peut-être (ou peut-être pas…), pas une confusion.
Dans la vraie vie, ML a ses motivations, ses désirs, ses fantasmes, tous bien à elle !
Au-delà de certaines apparences, ce ne sont pas ceux que je prête à L. dans «L’invitation»…
Pour ne citer qu’une différence, L. n’a pas besoin de règles, L. ne veut aucune règle…
Comment, dans un cadre prédéfini, explorer librement la terra incognita de ses plus sombres désirs ? ML, au contraire, veut des règles… ML, probablement, a besoin de règles pour installer ses désirs dans la réalité…
Même si je n’ai rien écrit récemment, je n’oublie pas L. et «L’invitation»… L. mérite que je ne l’abandonne pas, et je ne l’abandonnerai pas, elle doit seulement accepter une temporaire mise entre parenthèses !
Elle ne peut que comprendre que toute mon attention doit, pour le moment, être concentrée sur ML et sa nouvelle place dans ma vie.
Je termine avec mes sincères remerciements à Métastable qui m’a fait l’honneur et le plaisir de choisir une de mes photos pour illustrer son dernier texte…
Merci infiniment à Volcane de s’être faite l’interprète des pensées et des mots de L.
C’est à lire ici : L’invitation (suite)
ambiance musicale :
Downtown Train (Tom Waits)
« Restez, je vous en prie. »
Les derniers mots prononcés par L. avant le silence.
Les derniers mots avant une longue contemplation réciproque.
Les derniers mots avant que je ne lui intime l’ordre de se lever.
De venir à moi.
En cet instant, j’éprouve une profonde et sincère admiration pour cette jeune femme. Pour ce qu’elle est et pour ce qu’elle ose. De l’admiration, et du désir aussi. En cet instant, je me dis que c’est moi qui dois ne pas faiblir, ni maintenant, ni plus tard, parce qu’elle ne faiblira pas, jamais. En cet instant, je sais que sa prière pour que je reste est aussi le serment qu’elle se fait à elle-même d’aller jusqu’au bout. Je ne dois pas la décevoir.
L. s’est levée, s’est approchée. Je me lève à mon tour. Elle est debout, nue, à quelques centimètres seulement de moi. Elle baisse les yeux, puis les relève, plante son regard dans le mien. Je perçois une hésitation, puis elle avoue, à voix basse…
« J’ai peur… »
Ayant désormais tout dit, elle baisse à nouveau les yeux. Elle attend. D’une voix neutre, je lui demande si elle a des ceintures.
« Oui, plusieurs… Vous voulez les voir ? Venez… »
Je la suis dans sa chambre. D’un tiroir, elle sort plusieurs ceintures et me les présente. Je choisis la plus fine, lui fait signe qu’elle peut ranger les autres. Je la prends par un bras, je la jette sur le lit, à plat ventre. La ceinture est à la hauteur de mes attentes : elle siffle, puis délivre un claquement sec en s’abattant sur la peau, où elle laisse une marque sévère. Je suis attentif à ne pas frapper deux fois au même endroit, en remontant du creux des reins aux épaules. A chaque coup, L. gémit et se cambre. Une douzaine de marques, obliques, parfaites. Je fais le tour du lit pour frapper dans l’autre sens, pour que les marques se croisent. Une ou deux fois, un peu de sang perle à la croisée de deux marques…
« Tournez-vous ! Sur le dos ! Et fermez les yeux… »
L. s’exécute. Je cingle ses seins, trois fois, trois fois seulement. Assez pour la faire hurler. Puis je me sers de cette ceinture pour lui attacher les chevilles. Je lui caresse doucement les cheveux, je l’embrasse… Elle ne dit pas un mot, mais en cet instant, il est facile de se noyer dans son regard…
« Maintenant, reposez-vous… Je reviendrai demain… »
« Nul ne peut atteindre l’aube sans passer par le chemin de la nuit. » (citation de Khalil Gibran)
Un peu plus tard, dans l’appartement de L.
Je lui ai laissé le temps de s’isoler dans la salle de bains, le temps de sécher ses larmes, le temps de laver ses pieds, le temps de penser. Elle est maintenant de retour devant moi, debout, nue, encore un peu mouillée, hésitante. Je l’invite à s’asseoir dans le fauteuil qui fait face au canapé où je suis installé. Je sais ce que je dois lui dire, elle sait qu’elle doit écouter. Jusqu’au bout, mais de toutes façons ce ne sera pas très long. Je crois qu’elle sait, déjà, que quand j’aurai fini, quand elle m’aura bien écouté et compris, elle (elle seule) aura le choix, le terrible et irrévocable choix du mot qu’elle prononcera : « Partez ! » ou « Restez ! »
Vous m’avez invité, invité à beaucoup plus que prendre un verre. Vous m’avez invité à vous guider dans un nouveau monde que vous ne connaissez pas, un monde qui n’appartient qu’à vous, un monde dont vous seule détenez les clés. Un monde où règne la nuit, effrayante et attirante, de vos désirs les plus secrets. Parce que vous savez (peut-être pas consciemment, mais vous savez) que vous devez parcourir ce monde pour être totalement libre et totalement vous-même, parce que vous savez cela, vous m’avez offert la première clé. Pourquoi moi, et pourquoi ai-je tourné cette clé ? Peut-être aurons-nous les réponses plus tard, quand vous ressortirez dans la lumière de la vraie liberté. Maintenant, vous devez savoir, et je dois vous dire, où nous allons. C’est simple et terrifiant à la fois : nous allons où vous voulez. Ce sont vos rêves et vos désirs qui vont dessiner le chemin. Je serai à vos côtés sur ce chemin pour une unique raison : votre raison et votre volonté vont s’opposer à ce que vous le parcouriez. Ma raison et ma volonté vont vous obliger à le parcourir. Vous y obliger, non pas parce que je le veux, mais parce que vous l’acceptez. Sur ce chemin, je vous fais la double promesse de ne jamais vous abandonner, et de ne jamais vous laisser revenir en arrière. Je vous jure qu’au bout du voyage il y a la lumière, votre lumière…
L’univers de vos noirs désirs, nous mettrons peut-être dix jours, peut-être dix mois, peut-être dix ans, à l’explorer. Cela ne dépend que de son étendue, c’est-à-dire que ça ne dépend que de vous. Je serai votre guide, mais dans un univers qui est le vôtre. Je serai le médiateur entre vos rêves secrets et leur réalisation. Ce sont eux, vos rêves, vos désirs, qui dessinent l’horizon. Je n’ai aucun pouvoir sur leur nature, donc aucune idée des limites, ou de l’absence de limites qu’ils induiront. C’est pourquoi ce que je vais vous dire à présent est systématiquement assorti du mot « peut-être »…
Je vais vous conduire en enfer, votre enfer. Vous serez esclave, mais pas «mon» esclave. Et si, de vous, j’accepte exceptionnellement le titre de «Maître» (hélas si souvent galvaudé), c’est seulement au sens de guide bienveillant, prêt à partager avec vous le peu qu’il sait des plaisirs qui vont de pair avec vos désirs. Esclave vous serez, mais pas une esclave choyée dans une prison dorée. Pour vous, pas besoin de construire une cage : les barreaux, vous les portez en vous, et le but de ce voyage est de les briser, un par un. Non, vous ne serez pas choyée…
Vous serez (peut-être) humiliée, attachée, exhibée…
Vous serez (peut-être) frappée, torturée, violée…
Vous apprendrez (peut-être) à jouir de honte ou de douleur…
Vous supplierez (peut-être) pour que ça s’arrête enfin, ou (peut-être) pour que ça soit pire encore…
Vous serez (et là, il n’y a pas de peut-être) respectée à chaque instant…
Le retour vers l’appartement de L. ressemble fort à l’aller. La même rue en sens inverse. Le parc, un peu moins fréquenté, en diagonale en sens inverse. Je regarde L. marcher pieds nus à mes côtés. Mon esprit est proche de l’ébullition. Je viens de comprendre que si je ne trouve pas, très vite, le moyen d’obtenir qu’elle me déteste, ne serait-ce qu’un instant, elle sera déçue. Déçue sans le savoir, probablement, mais déçue éternellement. Et nous aurons perdu, tous les deux. Si au contraire je trouve, très vite, le bon moyen, la juste façon de la maltraiter assez pour qu’elle me déteste à cet instant, alors ensuite tout, tout au sens plein et fort du terme, sera possible. Et nous aurons gagné, tous les deux.
Nous arrivons dans sa rue. Encore quelques pas. Nous arrivons devant chez elle. Encore un instant et il sera trop tard. Je dois faire confiance à mon instinct, maintenant. L’avantage d’une ville de province, c’est qu’une rue comme celle où habite L. est déserte à cette heure. Je la pousse entre deux voitures en stationnement. Je défais rapidement tous les boutons de son chemisier, je le fais glisser sur ses épaules. D’une main ferme je l’oblige à se pencher et à poser ses seins dénudés sur le capot de la voiture de gauche, de l’autre main je relève sa jupe. Presque à voix basse, je lui intime l’ordre de ne bouger en aucun cas. Je prends le temps de contempler ses fesses nues.
Ses fesses nues que je commence à frapper du plat de la main, avec tout l’élan que me permet le recul dont je dispose entre les deux voitures. Trois fois. Une pause. Six fois. Une pause. Neuf fois. J’espère que cette fois mon instinct ne m’a pas trompé, et que je me suis encore rapproché d’elle et de la nuit qu’elle désire tant. Dans un moment, là-haut dans l’appartement, quand elle ne me détestera plus, je lui parlerai. Je lui parlerai longuement…
Après avoir traversé le parc, où j’ai permis à L. de marcher dans l’herbe plutôt que dans les allées, plus douloureuses pour ses pieds nus, nous parcourons côte à côte et en silence le trottoir de la rue B. J’en profite pour réfléchir à une question que je me pose depuis un moment : dois-je continuer à vouvoyer L. ? La question est, à mes yeux, plus importante qu’il n’y paraît. Et la réponse n’est pas évidente. Je dois trouver envers L. un subtil équilibre entre un nécessaire degré d’humiliation et de non moins nécessaires marques de respect, un équilibre où le moindre détail compte. Certes, L. ne sera jamais autorisée à me tutoyer, et j’ai la conviction que cela fait partie des choses qu’elle a d’ores et déjà bien comprises. Nous arrivons devant la boutique, et je n’ai pas encore apporté une réponse définitive à la question. Je la renvoie à plus tard. En attendant, je continuerai à vouvoyer L.
Nous entrons. L. frissonne, je ne sais pas si la fraîcheur de l’air du soir en est la cause, où si c’est le carillon aigrelet de la porte qui l’a troublée. Comme je l’espérais, la boutique est déserte, à l’exception de la vendeuse, à qui j’explique ce que « nous » souhaitons : un corset noir, qui soutienne les seins sans les cacher, qu’on puisse à volonté lacer sans exercer une contrainte trop sévère, ou au contraire extrêmement serré. La vendeuse a très bien compris que L. n’a pas son mot à dire, c’est donc à moi qu’elle présente les quelques modèles correspondant à mes critères. Un seul est complètement noir, et assez sobre à mon goût, le choix n’est donc pas difficile, mais un essayage s’impose. Je me charge de déboutonner et d’ôter le chemisier de L. et je laisse à la vendeuse le soin de l’aider à enfiler le corset, puis de le lacer assez serré, à ma demande. Pas besoin d’être un expert pour voir que ce corset va parfaitement à L. et c’est aussi l’avis de la vendeuse. Je décide néanmoins de compléter mon opinion…
- Je veux voir ce que ça donne sans votre jupe. Retirez-la !
L. m’adresse un petit geste d’impuissance, sans doute pour me rappeler qu’elle ne porte rien sous la jupe en question. Comme si je pouvais l’avoir oublié ! Je lui adresse en retour une invitation de la main à se plier à ma demande. Je la vois rougir, mais elle se défait de sa jupe sans autre protestation, puis elle se redresse pour attendre mon appréciation définitive. Je prends mon temps, lui fait faire un tour complet sur elle-même, puis je m’adresse à la vendeuse, qui semble au moins aussi gênée que L. :
- Qu’est-ce que vous en pensez ?
- C’est… très… joli, Monsieur…
- C’est aussi mon avis ! Nous le prenons.
La vendeuse aide à nouveau L. à ôter le corset.
Je règle pendant que L. se rhabille, après s’être un instant trouvée nue, complètement nue, au beau milieu de la boutique. A ce moment, il me vient à l’esprit que L. aurait plus appris, sur elle-même et sur moi, si d’autres clients s’étaient présentés. Mais c’est moi qui avais espéré que la boutique serait déserte, et c’est mon vœu qui a été exaucé !
Nous ressortons, accompagnés par les remerciements et les salutations de la vendeuse. Un sentiment, pour ne pas dire une certitude, s’installe dans mon esprit : celui que tout cela est trop facile, bien trop facile, que L. s’installe trop facilement dans ce qui ressemble plus à un cocon, certes agrémenté de quelques indécences, qu’à l’enfer obscurément désiré par ses rêves secrets. Je ne dois décevoir L. en rien. Je ne dois pas décevoir ses rêves. Je ne dois pas décevoir sa peur…
Me reviennent à l’esprit les mots d’Oscar Wilde : « Ce qu’un homme possède vraiment est en lui. Ce qui est hors de lui ne saurait avoir la moindre importance. » Ce que L. possède vraiment, ce sont les sombres désirs qui l’habitent. Ceux qu’elle a déjà extériorisés ne sauraient avoir la moindre importance, ils ne sont plus sombres, elle ne les possède plus. Ce que L. désire, ce que L. veut, c’est explorer la part de nuit profonde qu’elle possède. Pas pour s’en déssaisir, mais pour en trouver les clés, qui lui donneront la liberté d’y entrer autant que d’en sortir. Elle est loin d’être la seule à désirer ce voyage. Mais elle est une des rares à accepter d’en payer le prix, aussi élevé soit-il. Non, vraiment, je ne dois pas décevoir sa peur…
Volcane m’a fait la très belle surprise d’écrire la suite de l’histoire de L. (ici)
Comment la remercier pour ce cadeau mieux qu’en ne laissant pas L. livrée trop longtemps à elle-même ?
M’occuper de L. est un bien agréable devoir. Elle le mérite.
Je ne prétends pas lire dans les pensées de L. Je ne cherche pas à décrypter ses sentiments entremêlés. Je n’en ai pas besoin; il me suffit de croiser le regard que, furtivement, elle ne peut s’empêcher de lever vers moi à intervalle presque régulier. Ce regard qui me supplie de faire que tout redevienne comme avant, comme si elle n’avait pas provoqué par sa tenue la naissance d’un espace-temps étrange et terrifiant, qui déjà nous emprisonne tous les deux. Ce regard qui me supplie, dans le même temps, de lui faire les honneurs de cet espace-temps. Je sais qu’elle a horriblement peur, mais qu’elle veut savoir, tout savoir. Et plus impérieux encore que la volonté de savoir, il y a l’obscur désir de ressentir, dans son âme et dans son corps, les lois qui vont bientôt s’imposer à elle. Oui, elle a horriblement peur des règles et des actes qu’elle va découvrir, mais rien ne la pousse à reculer ou à se rebeller. Ce regard où brille aussi une lumière que je n’ai aucun mal à identifier, l’espoir d’être conduite au bout d’elle-même pour trouver sa liberté. Mais c’est la peur qui, en cet instant, exerce toute son emprise sur son esprit et son corps. Oui, L. perd son pauvre sourire, L. pleure, L. tremble, devant cette porte entrouverte, qu’elle va franchir malgré l’enfer qu’elle devine…
- Debout !
Elle se redresse, se lève.
- Reculez !
Je l’arrête à deux mètres de moi à peu près, à l’endroit où tout-à-l’heure elle s’est dévêtue. Elle ne sait pas quoi faire de ses mains. Je décide de l’aider un peu en lui enjoignant de les placer derrière son dos. J’aimerais de la musique, mais cela attendra. Je la sais intelligente et, malgré la provocation certainement impulsive qui est à l’origine de la situation, réfléchie. Je trouve que le silence qui se réinstalle est propice à la poursuite d’une certaine réflexion. Je voudrais qu’elle comprenne que, quoiqu’il arrive ensuite, c’est elle qui me l’aura inspiré. Que ce sera une sorte de dialectique entre ma conscience et ma raison, d’un côté, et la liberté de son inconscient, de l’autre. J’espère qu’elle va comprendre, aussi paradoxal que cela puisse paraître, qu’elle sera plus libre que je ne le serai, parce qu’elle ne connaît pas les limites de ses désirs secrets, donc de ce qu’elle peut inspirer, alors que je serai, moi, contraint par l’obligation de ne pas la mettre en danger au-delà du raisonnable…
Je laisse passer ainsi plusieurs minutes. Je finis par me lever à mon tour et m’approcher tout près d’elle. Je touche ses seins. Pas vraiment une caresse, mais rien de vraiment agressif non plus. Je les touche, tout simplement. Je crois que nous savons tous les deux que c’est un instant décisif. C’est sa toute dernière chance d’effacer la demi-heure qui vient de s’écouler. Elle peut encore se dérober, se rhabiller, remplir nos verres, et tout cela n’aura jamais existé. Les larmes coulent à nouveau, mais elle ne cherche pas à fuir cet attouchement. Elle plante son regard dans le mien, sans insolence, juste pour dire : « Vous voyez, j’en suis capable ! »
- Avez-vous un corset ?
Timidement, comme si elle avouait une faute, elle me répond que non. Ce n’est pas grave, il est à peine plus de 17 heures 30, nous allons remédier à cela par un peu de shopping. Je sais qu’il y a une boutique adéquate pas très loin, il faut juste traverser le parc en diagonale et suivre la rue B. sur 200 mètres.
- Habillez-vous !
Comme elle se penche pour ramasser son string, je l’arrête immédiatement.
- Non. Pas les sous-vêtements. Seulement votre jupe et votre chemisier.
Elle rougit, violemment cette fois. Je la sens sur le point de protester, de tenter de me convaincre qu’avec cette jupe, ce serait indécent. Je prends les devants :
- Je sais que votre jupe est très courte. C’est précisément ce qui justifie l’absence de string. Quel intérêt, sinon ?
Elle se tait, enfile sa jupe, puis son chemisier. Elle ne me quitte pas des yeux pendant qu’elle le boutonne, redoutant sans doute que je lui impose un décolleté outrancier ! Je la laisse fermer presque tous les boutons. Elle semble provisoirement soulagée. Nous passons dans l’entrée, où avant de sortir elle me demande quelles chaussures elle doit mettre. Un bon point : elle a compris qu’elle ne doit prendre aucune initiative. Je lui souris le plus gentiment possible, avant de lui expliquer qu’elle va rester pieds nus pour cette ballade. Elle ne doit pas être très habituée à cet exercice, et ne pas l’apprécier, car cette fois elle ne peut réprimer sa protestation :
- Oh non !
Je juge inutile de répondre. Je me contente de patienter, sans la quitter des yeux. Elle n’ose pas les mots, mais son regard m’implore de changer d’avis. Ce qui est totalement hors de question. Non seulement je veux lui imposer cela, ce qui serait déjà une raison suffisante, mais la compagnie d’une femme pieds nus est pour moi une satisfaction esthétique. Je ne vais donc certainement pas renoncer à ce plaisir ! L. se décide finalement à passer la porte. Une fois dans la rue, elle est manifestement très gênée par les regards insistants que lui valent sa tenue un peu légère pour la saison et ses pieds nus, mais elle parvient à marcher d’un pas relativement décidé à mes côtés. J’ai pour elle, à cet instant, une tendresse certaine…
Oxanne m’a fait le plaisir, inattendu et bienvenu, d’écrire l’épisode 2 que j’appelais de mes vœux en introduction à l’épisode 1 que vous pouvez lire ou relire ici ! Ainsi il y a maintenant une grande chance que cette histoire ne se termine pas prématurément, et connaisse des développements dignes d’intérêt…
A genoux, à ses pieds, le regard baissé, elle ne lui laisse voir que ses cils chargés de rimmel qui papillonnent. Des reflets rubis jaillissent de son verre quand elle le porte à ses lèvres, des éclats de passions pas encore consommés. Une légère “chair de poule” parcourt ses épaules, à la limite du frisson, un mélange de désir et d’appréhension. Elle sourit, c’est une sensation nouvelle pour elle mais elle aime, elle joue le jeu, son jeu.
L [épisode 3] par iXéo :
ambiance musicale :
Maintenant elle sait, et je sais qu’elle sait…
Je sais, grâce à ce demi-sourire, bien qu’elle soit toujours au bord des larmes…
Nous savons tous les deux qu’un jeu étrange et dangereux vient de commencer, et qu’elle en accepte les règles, mes règles…
Je veux, je vais la conduire en enfer, mais je ne suis pas pressé…
Je laisse mon esprit vagabonder, pendant ce temps elle doit garder les yeux baissés, et elle le sait…
Je songe à de vieux airs d’opéras italiens, rien n’a changé…
Je suis sur un morceau d’autoroute quelque part entre Munich et Regensburg, rien n’a changé…
Combien de minutes ont passé ?
Nos verres sont vides, et il fait un peu plus froid que tout-à-l’heure…
Elle est toujours agenouillée à mes pieds, nue, et elle attend…
Qu’attend-elle pour aller remplir à nouveau nos verres ?
Est-ce d’elle-même qu’elle a le plus peur ?
Elle est nue, mais c’est moi qui frissonne…
Avant d’ouvrir une porte qui sera sans retour…
bien sûr le court texte qui suit est une fiction…
mais si une femme se reconnaît plus ou moins dans ce rêve, qu’elle me fasse le plaisir d’écrire l’épisode 2…
peut-être ensuite écrirai-je l’épisode 3…
et ainsi de suite !
La très sage L. me reçoit dans une tenue aussi inattendue que suggestive.
Chemisier blanc généreusement déboutonné sur un soutien-gorge noir transparent, jupe ultra-courte, pieds nus.
Autant d’invitations.
J’accepte le verre qu’elle me propose, mais je lui dis sans sourire qu’elle n’est pas assez dévêtue pour le servir.
Dans un éclat de rire elle me demande si je plaisante.
Je réponds que non.
Elle rougit imperceptiblement, ne rit plus.
Silencieusement, à deux mètres de moi, elle se défait de son chemisier, de son soutien gorge, de sa jupe.
Désignant son string :
- Je dois…… aussi ?
- Oui.
Je la sens au bord des larmes, mais le triangle de tissu noir tombe à ses pieds.
Elle m’apporte mon verre.
Je m’assois sur le canapé.
Elle s’agenouille à mes pieds.
Je resterai habillé.
Elle restera nue.
Avons-nous dormi ? Avons-nous rêvé ?
Le temps où le Rituel a été suspendu
se compte-t-il en secondes ou en siècles ?
Comme il est étrange que ce soit
très précisément à l’instant où
j’ai eu la sensation illusoire de
me libérer de l’emprise des brumes
que tout a basculé dans le Néant.
Un Néant fort heureusement provisoire,
puisque me voici à nouveau conscient,
en ce lieu qu’ailleurs on appelait,
ou appelle, ou appellera Cathédrale;
en ce lieu multiplement habité,
par les statues blafardes,
par les brumes omniscientes
nées du cœur vivant des Marais,
par les pouvoirs de la Grande Prêtresse,
par cet autel noir et glacé surtout,
cet autel où vous êtes exposée nue,
ouverte, absolument indécente.
Quand l’indécence est absolue,
est-elle encore indécence ?
Je reprends peu à peu mes esprits.
J’ai le souvenir d’une pluie battante,
mais maintenant il neige lentement.
Et l’atmosphère est plus glaciale
que jamais. La pensée que le froid
vous est certainement une torture
effleure ma conscience, mais
je ne m’y arrête pas; la compassion
n’a pas sa place ici et maintenant.
“On” (la Grande Prêtresse ?
les brumes ? les statues ?
je ne saurais le dire…)
m’entrouvre les portes de votre
esprit, sans doute pour que
je sois envahi par l’immensité
de votre Blasphème : vous avez osé
penser ? croire ? désirer ? rêver ?
que le Rituel pourrait s’accomplir
sans la Grande Prêtresse !
Et je n’ose répéter ici
à quoi d’autre vous avez osé
penser ? croire ? désirer ? rêver ?
Difficile pourtant d’échapper
à la conviction que vous allez
me permettre de faire entrer
le Rituel dans une nouvelle ère…
Impossible pourtant d’échapper
à la certitude que d’une façon
ou d’une autre, et probablement
de bien des façons différentes,
vous serez mienne…
Votre Blasphème est-il la cause
de la suspension du Rituel ?
Répondre à cette question
n’est pas en mon pouvoir.
Je peux seulement décider
de ne pas le retenir contre vous.
À moins, que plus tard,
vous ne revendiquiez
la volonté d’en subir
toutes les conséquences…
Le Rituel doit maintenant
reprendre son cours. “On” peut
maintenant me refermer les portes
du secret de vos pensées.
La prochaine fois, c’est vous-même
qui me les ouvrirez…
Je m’approche lentement de l’autel,
je contemple longuement le ballet
des flocons qui dansent avant
de mourir sur votre corps pâle.
Du bout du doigt, pour la toute
première fois, je vous touche,
j’effleure votre peau blême…
Vous êtes glacée et cela me plaît.
Mon doigt glisse entre vos seins,
virevolte jusqu’au nombril,
s’approche de……