Archives pour la catégorie “Photographie”


lui aussi
il aurait voulu être un artiste
vivre comme un anarchiste millionnaire
vous connaissez la chanson
il aurait voulu être un artiste
c’est ce qu’il dit parfois
mais c’est quoi un artiste
c’est quelqu’un qui voit votre âme
et qui sait la montrer
peut-être même qu’il vous la prend un peu
ils avaient raison les vieux indiens d’Amérique
qui avaient peur d’être pris en photo
parce qu’ils croyaient que c’est leur âme qu’on prenait
moi il m’a prise en photo deux fois seulement
c’est bizarre d’ailleurs des fois il fait mille photos avec une fille
et moi deux seulement allez comprendre
mais jamais j’ai été aussi… nue
pas parce que je suis à poil sur ces images
bon d’accord je suis (aussi) à poil
mais parce que j’ai jamais été aussi moi sur une photo
sûrement il a pris un peu de mon âme
il y a qu’un artiste un vrai qui peut faire ça
alors il aurait voulu être un artiste
mais vous voyez pas qu’il l’est (déjà)
que sans doute il l’a toujours été
parce qu’il a le regard qu’il faut
seulement voilà pour l’être complètement
il faut qu’il en soit sûr lui aussi
c’est peut-être pas trop tard
alors si vous l’aimez
si vous avez croisé son regard
vous savez vous pouvez pas ne pas savoir
alors putain dites-le lui
qu’il est un artiste
et peut-être qu’il finira par le croire
c’est peut-être pas trop tard
et s’il en profite pour prendre un petit morceau de votre âme
après tout c’est pas bien grave

moi je veux juste lui dire « deux petits mots, un trait d’union, des points de suspension »
prends-moi…

barefoot on metallic stairs
   photo © iXéo / non, la fille c’est pas moi !

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il faut bien que je dise quelque chose
seulement voilà moi je suis plus douée pour les traits que pour les mots
déformation professionnelle sans doute
plus douée avec un crayon (ça s’appelle AutoCad un crayon de nos jours) qu’avec une plume
sauf que les ailes du désir se sont ébrouées
sauf que les ailes du plaisir se sont déployées
et en général les ailes sont faites avec des plumes
alors je fais quoi avec toutes ces plumes
avec les plumes on s’envole
on monte au ciel
le septième de préférence
avec les plumes on écrit aussi
alors je fais un petit effort

il faut bien que je dise quelque chose
et il paraît que j’ai le droit de tout dire
mais quand même moi je suis juste invitée ici
alors je sais pas trop si je peux dire tout et surtout n’importe quoi
surtout que comme dirait mon père je suis un peu foutraque
on dit que ça fait partie de mon charme

il faut bien que je dise quelque chose
et voilà je me noie dans les précautions oratoires et du coup j’ai encore rien dit
déjà il faut que je rattrape le temps perdu
alors je vais faire vite vite vite
je vais juste vous dire deux trois choses
celles qui font battre mon cœur et palpiter mon esprit

voilà
vingt-cinq ans après avoir cligné des yeux la première fois
j’ai trouvé ma place
à côté de lui
avec lui
pour le plaisiiiiiiiiir (herbert, si t’existais pas, faudrait t’inventer)
ouiiiiiiiii
mais pas rien que pour le plaisir (putain j’en ai marre de taper des iii)
toute ma place
et puis si des fois on pleure au lieu de se marrer
c’est pas bien grave du moment qu’on pleure ensemble
l’alchimie des larmes mêlées est une science encore mal connue
on sait pas trop d’où ils viennent ces trucs brillants dans les pleurs mélangés
qui font que le lendemain on ne pleure plus
j’espère quand même qu’on va se marrer plus souvent qu’on va pleurer
j’ai trouvé ma place

voilà (c’est la minute coup de gueule, si ça vous gonfle, vous pouvez zapper)
je hais la vulgarité en images en mots en actes
celui que vous appelez ixéo et que moi j’appelle jean-louis
des fois il fait des photos violemment érotiques
et permettez-moi de vous dire que y a pas que les photos
mais il n’oublie jamais la touche d’élégance un mot qui lui est cher
ce petit je sais pas quoi qui fait que c’est beau au lieu d’être cochon
non je ne m’égare pas c’est juste un préambule aux quelques lignes qui suivent
toi qui pense que je suis trop jeune pour lui
toi qui pense qu’il est trop vieux pour moi (non c’est pas la même chose)
toi qui pense que je suis une petite pute parce que je veux bien être soumise
et je vous dirai pas ici enfin pas encore pourquoi et si c’est plus qu’un jeu
va te faire foutre c’est toi qui es vulgaire

voilà (on redevient positifs, alors zappez pas)
si j’ai bien compris l’usage c’est de mettre une image quand on écrit ici
déjà je fais pas comme le maître des lieux je la mets à la fin
si ça se trouve je vais être bonne pour une punition
mais non je plaisante (quoique)
le photographe il vous dira qu’elle est nulle cette photo techniquement
moi je trouve pas en plus faut dire qu’il faisait quasiment nuit et qu’il pleuvait
alors il a quelques excuses vous ne trouvez pas
moi cette photo je l’aime pour ce qu’elle représente
le moment où j’ai déployé les ailes du plaisir
l’instant où j’ai trouvé ma place

les ailes du plaisir
    photo © iXéo / clermont-ferrand / pâques 2009

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   Histoire sans paroles… dédiée à ML…

elliptic memory 1

elliptic memory 2

elliptic memory 1

   [elliptic memory 1 / 2 / 3] © iXéo

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déclaration « politiquement incorrecte » à la sœur que je n’ai jamais eue…

ambiance musicale :

Teachers (Leonard Cohen)

noname
   [noname] © Honza S.C.

déclencheur, à mi-course, bip de l’autofocus

photo
dans mon viseur, elle serait nue, comme une Autre
elle ferait la pornstar, et ça la ferait rigoler
je lui dirais « t’as pas honte » sans le penser

inceste
dans mon lit, elle serait venue, comme une Autre
sans penser à mal, sans penser du tout, baiser
je lui dirais « c’est pas bien » sans le penser

bonheur
au bout du monde, elle serait partie, comme une Autre
sûrement avec un type que je pourrais pas encaisser
je lui dirais « quelle connerie » sans le penser

déclencheur, appuyé à fond, clic-clac de l’obturateur

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Au cours d’une conversation à bâtons rompus avec Volcane, nous avons évoqué, parmi les photos que nous prenons, celles qui nous procurent « une émotion et une excitation esthétique démentes ». Le mot peut paraître fort, voire excessif. Et pourtant, c’est vrai qu’il arrive que la création d’une image en particulier provoque une émotion spéciale, au-delà de tout critère objectif ou même subjectif, au-delà de toute rationalité. Alors oui, c’est un peu « dément » !

De là est née cette idée de « florilège dément » : une compilation de photos qui m’ont procuré ce frisson spécial et largement inexplicable ! A part quelques exceptions (je vous laisse deviner lesquelles), elles ne font pas partie, finalement et avec le recul, de mes images préférées, ni de celles qui ont rencontré le plus de succès. Mais il y avait ce petit truc en plus, au moment de la prise de vue, ou au moment du traitement, ou les deux. Par manque de temps pour entreprendre une expédition spéléologique dans mes archives, je me limite à des photographies assez récentes (2008-2009). Dernière précision : certaines photos auraient leur place ici, mais appartiennent à ma petite « collection privée », un jardin secret que je ne partage qu’avec de rares intimes !

ambiance musicale :
sublime reprise de Seemann (Rammstein) par Nina Hagen

Voici donc ce florilège, plus ou moins par ordre chronologique, de l’image la plus récente à l’image la plus ancienne :

Volcane urban amnesia
Mélissa Joy
fashion victim Maryon
fragile ? A
Maryon Y
Emily GT3 Cup
Cléo entrance I

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Tout récemment, j’ai offert une ballade en ville à mon 50mm f/1.8 dont voici un premier aperçu :

viaduc Saint-Jacques II ouvert - fermé - créatif
nouvelle collection tubes

Pour moi qui ne suis pas très habitué aux focales fixes, c’était un peu un exercice de style, presque une autre façon de faire des photos. Dans un premier temps, je me suis senti comme frustré par l’impossibilité d’ajuster le cadrage par un rapide coup de zoom. Je crois que tout photographe revenant au 35mm ou au 50mm après une longue période d’utilisation de zooms me comprendra ! Mais une fois cette frustration initiale dépassée, j’ai (re)découvert le vrai plaisir de la nécessité de soigner le cadrage autrement que par un changement de focale approximatif, de mieux tenir compte des perspectives, bref de penser la photo, de se projeter dans l’avenir de l’image, avant d’appuyer sur le déclencheur. Le plaisir de construire…

De fil en aiguille, par un de ces étranges cheminements dont l’esprit humain a le secret, cette (re)découverte m’a amené à une réflexion, à un parallèle, sur un sujet qui préoccupe et passionne une partie de mon entourage proche (familial notamment) : « Vais-je refaire ma vie ? » Première observation : a-t-elle donc été à ce point «défaite», ma vie, pour qu’il soit besoin que je la «refasse» ? Plus sérieusement : bien sûr, une séparation puis un divorce après 18 ans de vie commune avec la même femme, ce n’est peut-être pas un chantier de démolition, mais ça laisse quelques traces, quelques balafres. Mais il y a d’autres occasions dans la vie de se faire de belles cicatrices ! Le plus important, c’est que ça laisse de la place, ça laisse un espace, dont on ne sait pas trop ce qu’on doit en faire…

On peut choisir les rapides changements de focale, le parcourir en tous sens, cet espace, le survoler en papillonnant d’une amante à l’autre. « Une de perdue, dix de retrouvées ? Une femme dans chaque port ? » Vous pouvez dire ça, après tout ce n’est pas si loin de la réalité; vous pouvez dire ça, à condition de ne pas l’assortir d’un clin d’œil grivois trop appuyé. Vraie liberté ou liberté illusoire, cette option a été la mienne jusqu’à présent. Elle m’ennuie ? Hop, un coup de zoom, je vais voir ailleurs où l’herbe est, paraît-il, plus verte ! Elle ne me donne pas assez ? Hop, un coup de zoom… Elle est vraiment trop chiante ? Hop, un coup de zoom. J’allais oublier : je l’ennuie, je ne lui donne pas assez, je suis vraiment trop chiant ? Hop, c’est elle qui donne un coup de zoom ! Eh oui, ça arrive aussi…

Hanging out the washing
[Hanging out the washing] © David Holmes (modèle : Samantha)

Ou alors, on peut choisir la focale fixe, prendre la mesure de cet espace, en organiser le partage, envisager les perspectives d’une relation, se projeter dans son avenir - sans pour autant renoncer aux plaisirs turbulents de l’instant présent. (Re)découvrir le plaisir de bâtir à son rythme. (Re)découvrir le désir de l’engagement, envers soi et envers l’autre, pour le Meilleur et pour le Pire. Au cours des quatre dernières années, je n’ai rencontré qu’une femme ancrée dans ce souhait de construire et de s’engager. Ce n’est pas une excuse, mais je n’étais pas prêt. Alors j’ai pris grand soin de casser cette relation sans retour possible. Les arguments étaient faciles, à commencer par une soi-disant trop grande différence d’âge; les moyens encore plus faciles, comme céder à d’autres tentations…

Aujourd’hui, je le regrette. Je ne suis peut-être pas plus «prêt» qu’à l’époque. Le serai-je jamais ? Mais je regrette de ne pas avoir donné sa chance à ce «possible». Je regrette, Marianne, de ne pas t’avoir donné «ta» chance, toi qui y croyais tant. Je sais, parce que tu me l’as dit, et que tu l’as dit à d’autres, que tu m’as pardonné. Tu étais la douceur et la confiance. Je ne sais pas si, là-bas au fond de l’Amazonie où tu as choisi de continuer ta route, tu liras un jour ces lignes. Petite Marianne, douce Marianne, je te dédie quand même ce billet, qui témoigne que ce que tu as semé n’est peut-être pas tout-à-fait mort en moi…

« Les regrets ne sont pas éternels… »


© iXéo (modèle : Volcane)

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Quelques nouveautés dans l’univers photographique d’iXéo :

elevation II urban amnesia 15 east side story 8

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Melpomene, the Muse of tragedy
[Melpomene, the Muse of tragedy] © iXéo

Il y a longtemps que je ne crois plus à la Muse unique, éternelle, intemporelle.
Muse est pour moi un mot à mettre nécessairement au pluriel. Muses, donc !
Mes modèles ne sont pas toutes Muses, et toutes mes Muses ne sont pas modèles.
Un modèle donne. Un peu de son temps. Un peu de son image. C’est déjà beaucoup.
Une Muse se donne, mais une Muse reçoit aussi. Et c’est ainsi qu’elle inspire.
Une Muse ne dit jamais non, mais une Muse ne dit pas toujours oui…
Une Muse n’est pas toujours nue, mais une Muse n’est jamais complètement vêtue…
Une Muse sait se taire, mais une Muse sait parler, et surtout sait écrire !

Je dédie ce blog nouveau-né à toutes mes Muses !
Je le dédie à chacune d’entre elles, Muse d’un instant ou Muse d’un an…
Qui a été, est, sera, redeviendra, l’essence d’un espace-temps…
D’un espace et d’un temps passé, présent, à venir !

Par ordre alphabétique, aucune originalité, mais aucune hiérarchie :

Cécile
Claire-Sara
Cléo
Elisabeth
Elodie
Emilie
Emily
Fabienne
Isabelle
Joy
Julianne
Marianne
Maryon
Mélissa
Michelle-Louise
Renata
Volcane

N’est-il pas écrit quelque part que les dernières seront les premières ?

RIP
[repose en paix] © iXéo

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