< class="pagetitle">Archives pour la catégorie “Poésie”

déclaration « politiquement incorrecte » à la sœur que je n’ai jamais eue…

ambiance musicale :

Teachers (Leonard Cohen)

noname
   [noname] © Honza S.C.

déclencheur, à mi-course, bip de l’autofocus

photo
dans mon viseur, elle serait nue, comme une Autre
elle ferait la pornstar, et ça la ferait rigoler
je lui dirais « t’as pas honte » sans le penser

inceste
dans mon lit, elle serait venue, comme une Autre
sans penser à mal, sans penser du tout, baiser
je lui dirais « c’est pas bien » sans le penser

bonheur
au bout du monde, elle serait partie, comme une Autre
sûrement avec un type que je pourrais pas encaisser
je lui dirais « quelle connerie » sans le penser

déclencheur, appuyé à fond, clic-clac de l’obturateur

Comments 4 commentaires »

Les poèmes d’Alliage méritent amplement que je leur ouvre les portes de ce blog…

Bonne lecture, et n’hésitez pas à l’encourager par vos commentaires, elle le mérite !

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grey is a light
[grey is a light] © Chantal alias ImperfectAngel88

J’avais oublié
Combien des yeux peuvent être gris
Gris comme le ciel
Gris comme la mer
J’avais oublié
Qu’une femme peut tenir des promesses
Qu’elle n’a jamais faites
Et peut-être jamais ne fera
J’avais oublié
Qu’on peut découvrir les Amériques
Dans un lit défait
Par un matin au bord de la pluie
J’avais oublié
Qu’une baignoire suffit pour une tempête
Le goût gris que peut avoir un baiser
Le gris est une lumière…

[pour Fabienne, Douarnenez, Pâques 2006]

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la petite maison pas trop loin de la mer
et avec un joli pommier dans le jardin
et peut-être aussi un âne près du pommier
bien sûr ce n’était qu’un rêve encore lointain
mais j’y croyais

chaque fois que la nuit était vraiment trop noire
et que les larmes menaçaient de déborder
il y avait toujours la lumière rassurante
à la fenêtre de la petite maison
moi j’y croyais

bien des fois je l’ai fait ce voyage intérieur
vers ce temps où je n’avais pas peur de vieillir
à l’ombre du joli pommier dans le jardin
l’âne paisible nous regardait nous sourire
et j’y croyais

la petite maison pas trop loin de la mer
est toujours là mais désertée abandonnée
bientôt une ruine et le jardin une friche
où le pauvre âne est seul et livré à lui-même
oh qu’il est triste

plus jamais la fenêtre ne s’allumera
et il a très peur de vieillir et de mourir
tout seul à l’ombre du pommier sans un sourire
l’échine courbée sous le poids d’un rêve mort
désespéré

mon amie la maison mon ami le pommier
mon ami l’âne j’ai perdu votre lumière
j’ai perdu votre chaleur je vous ai perdus
vous ne me guidez plus dans cette nuit sans fin
où êtes-vous ?

il n’y a plus la lumière

[écrit il y a longtemps, quelques jours après que la femme qui venait de partager 18 ans de ma vie m'ait annoncé que notre histoire était finie]

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