
[Elevation II / cimetière Montmartre] © iXéo
Quelque part à Milan, il y a une tombe…
« Rendre visible l’invisible »
Quelque part à Regensburg, il y a une autre tombe…
« Repartie dans les étoiles qu’elle aimait »
Sur la tombe de Lombardie, je n’irai peut-être jamais…
Ce n’est pas grave, je sais que « son » sourire est éternel.
La tombe de Bavière, elle a attendu ma visite pendant des années…
Et puis un jour j’ai su que devant cette tombe le souvenir d’un corps nu n’était pas indécent.
J’ai su que le souvenir du sexe et du rire n’était pas sacrilège.
Alors j’ai fait le voyage, enfin.
J’ai fait la route pour aller lui offrir mes pleurs et mon sourire.
Lui faire l’amour une dernière fois, une éternelle fois.
Et j’ai découvert que c’est beau parfois, un cimetière le matin.
Plus tard, dans la vieille ville, j’ai dragué une jeune étudiante un peu hippie…
Et j’ai découvert que le sexe avec une autre, ce n’est pas pareil mais c’est beau parfois.
Après, dans l’atmosphère moite qui succède aux étreintes, je lui ai tout raconté.
Tout. La rencontre. Le coup de foudre. La complicité. L’amour. Le rire. Le sexe. La vie. L’accident. La mort.
Elle m’a écouté une heure, deux heures, peut-être plus, je ne sais pas. Sans un mot.
Je ne sais pas pourquoi cette fille a voulu m’accompagner au cimetière le lendemain matin.
Peut-être parce que je lui avais dit que c’est beau parfois, un cimetière le matin.
Et je suis reparti.
C’était il y a bien longtemps…
Aujourd’hui, il y a du soleil dehors, et de Milan à Regensburg des sourires éternels.
à Elisabeth
à un Monsieur que je ne connais pas

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Je n’ai pas habitude de recevoir de cadeaux à cette date. C’est bien la première fois…
Mieux qu’une fleur déposée sur sa tombe, pour lui qui aimait tant les mots et les images. Merci mon Ami. Avec mes pensées les plus douces ces jours-ci…