la petite maison pas trop loin de la mer
et avec un joli pommier dans le jardin
et peut-être aussi un âne près du pommier
bien sûr ce n’était qu’un rêve encore lointain
mais j’y croyais

chaque fois que la nuit était vraiment trop noire
et que les larmes menaçaient de déborder
il y avait toujours la lumière rassurante
à la fenêtre de la petite maison
moi j’y croyais

bien des fois je l’ai fait ce voyage intérieur
vers ce temps où je n’avais pas peur de vieillir
à l’ombre du joli pommier dans le jardin
l’âne paisible nous regardait nous sourire
et j’y croyais

la petite maison pas trop loin de la mer
est toujours là mais désertée abandonnée
bientôt une ruine et le jardin une friche
où le pauvre âne est seul et livré à lui-même
oh qu’il est triste

plus jamais la fenêtre ne s’allumera
et il a très peur de vieillir et de mourir
tout seul à l’ombre du pommier sans un sourire
l’échine courbée sous le poids d’un rêve mort
désespéré

mon amie la maison mon ami le pommier
mon ami l’âne j’ai perdu votre lumière
j’ai perdu votre chaleur je vous ai perdus
vous ne me guidez plus dans cette nuit sans fin
où êtes-vous ?

il n’y a plus la lumière

[écrit il y a longtemps, quelques jours après que la femme qui venait de partager 18 ans de ma vie m'ait annoncé que notre histoire était finie]

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