Le sujet n’est pas nouveau, voici ma modeste pierre pour cet édifice…
Pour une meilleure argumentation philosophique, lire ou relire par exemple Michel Serres, notamment « le Mal propre ».

« If anything is sacred, the human body is sacred. » (citation de Walt Whitman)

L’adhésion plus ou moins massive aux religions monothéistes a eu pour effet regrettable une quasi-disparition de la notion de sacré, remplacée sous différentes formes par celle de sainteté. Nous en sommes venus (« nous » en général, parce cette tendance s’est largement étendue aux non-croyants) à appeler de nos vœux une sainteté virtuelle, iconisée, aseptisée, parfois dans un autre monde lui-même hypothétique, au lieu de toucher le sacré qui est à portée de notre main, mais que nous ne voyons plus, que nous ne ressentons plus. En propageant et valorisant une culture du martyre, ces croyances entretiennent la confusion entre la tragédie et le sacré. Et encore aujourd’hui, ceux qui affichent un sens du sacré en termes de joie et de plaisir, certes parfois jusqu’à la provocation, ceux-là font scandale. Parce que les croyances aveugles partagées par la majorité ont décidé (de quel droit ?) de ce qui est sacré (des symboles absurdes qui ne font qu’habiller le vide des promesses illusoires), et par opposition de ce qui est sacrilège, donc choquant !

Le sacré, c’est notre animalité sublimée par notre humanité. Sublimée, pas refoulée, pas civilisée, pas moralisée.
Le sacré, c’est le Sexe sans tabou. Le sacré, c’est L’Art en liberté.
Le sacrilège, c’est l’autocensure sexuelle, artistique, etc. au nom d’une illusion.


   Sacré ou sacrilège…?

Three's a crowd
   [Three's a crowd] © Makar

Une réponse à “le sacré”
  1. Revenir aux définitions premières des concepts est utile parfois. Aussi j’ai envie de rappeler sur ce billet le sens du sacré qui a d’abord une valeur anthropologique : le sacré est une catégorie que l’homme crée au sein d’une société afin d’en extraire des éléments (objets, actes, parties du corps, espaces, valeurs, etc) et de les différencier du reste appelé alors “profane”. Le sacré désigne alors ce qui est inaccessible, hors du monde normal…Il se fonde en général sur des pulsions ou croyances religieuses, mythologiques ou même idélogiques.

    Dans notre monde où tant de vieilles icônes gisent, maculées et désacralisées à jamais, où le profane a accès à tout, il est permis de se demander si le sacré existe encore ?…Je répondrais oui cependant car l’homme est toujours un homme et a cette faculté de recréer cette opposition axiologique et naturelle à son comportement : le sexe par exemple, comme tu le cites, en est…L’image aussi.

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