Rappel des épisodes précédents, à lire dans cet ordre :
L. [épisode 1]
L. [épisode 2 & 3]
L’invitation, par Volcane, sur son blog
L’invitation [suite]
L’invitation [le corset]
L’invitation [intermède]

Pour une lecture plus facile, l’histoire de L. est regroupée dans la catégorie L’invitation


ambiance musicale :

Song To The Siren (This Mortal Coil)

« Nul ne peut atteindre l’aube sans passer par le chemin de la nuit. » (citation de Khalil Gibran)


Un peu plus tard, dans l’appartement de L.

Je lui ai laissé le temps de s’isoler dans la salle de bains, le temps de sécher ses larmes, le temps de laver ses pieds, le temps de penser. Elle est maintenant de retour devant moi, debout, nue, encore un peu mouillée, hésitante. Je l’invite à s’asseoir dans le fauteuil qui fait face au canapé où je suis installé. Je sais ce que je dois lui dire, elle sait qu’elle doit écouter. Jusqu’au bout, mais de toutes façons ce ne sera pas très long. Je crois qu’elle sait, déjà, que quand j’aurai fini, quand elle m’aura bien écouté et compris, elle (elle seule) aura le choix, le terrible et irrévocable choix du mot qu’elle prononcera : « Partez ! » ou « Restez ! »

Vous m’avez invité, invité à beaucoup plus que prendre un verre. Vous m’avez invité à vous guider dans un nouveau monde que vous ne connaissez pas, un monde qui n’appartient qu’à vous, un monde dont vous seule détenez les clés. Un monde où règne la nuit, effrayante et attirante, de vos désirs les plus secrets. Parce que vous savez (peut-être pas consciemment, mais vous savez) que vous devez parcourir ce monde pour être totalement libre et totalement vous-même, parce que vous savez cela, vous m’avez offert la première clé. Pourquoi moi, et pourquoi ai-je tourné cette clé ? Peut-être aurons-nous les réponses plus tard, quand vous ressortirez dans la lumière de la vraie liberté. Maintenant, vous devez savoir, et je dois vous dire, où nous allons. C’est simple et terrifiant à la fois : nous allons où vous voulez. Ce sont vos rêves et vos désirs qui vont dessiner le chemin. Je serai à vos côtés sur ce chemin pour une unique raison : votre raison et votre volonté vont s’opposer à ce que vous le parcouriez. Ma raison et ma volonté vont vous obliger à le parcourir. Vous y obliger, non pas parce que je le veux, mais parce que vous l’acceptez. Sur ce chemin, je vous fais la double promesse de ne jamais vous abandonner, et de ne jamais vous laisser revenir en arrière. Je vous jure qu’au bout du voyage il y a la lumière, votre lumière…

fetish overall mood
   [fetish overall mood] © iXéo (modèle : Maryon)

L’univers de vos noirs désirs, nous mettrons peut-être dix jours, peut-être dix mois, peut-être dix ans, à l’explorer. Cela ne dépend que de son étendue, c’est-à-dire que ça ne dépend que de vous. Je serai votre guide, mais dans un univers qui est le vôtre. Je serai le médiateur entre vos rêves secrets et leur réalisation. Ce sont eux, vos rêves, vos désirs, qui dessinent l’horizon. Je n’ai aucun pouvoir sur leur nature, donc aucune idée des limites, ou de l’absence de limites qu’ils induiront. C’est pourquoi ce que je vais vous dire à présent est systématiquement assorti du mot « peut-être »…

Je vais vous conduire en enfer, votre enfer. Vous serez esclave, mais pas «mon» esclave. Et si, de vous, j’accepte exceptionnellement le titre de «Maître» (hélas si souvent galvaudé), c’est seulement au sens de guide bienveillant, prêt à partager avec vous le peu qu’il sait des plaisirs qui vont de pair avec vos désirs. Esclave vous serez, mais pas une esclave choyée dans une prison dorée. Pour vous, pas besoin de construire une cage : les barreaux, vous les portez en vous, et le but de ce voyage est de les briser, un par un. Non, vous ne serez pas choyée…

Vous serez (peut-être) humiliée, attachée, exhibée…
Vous serez (peut-être) frappée, torturée, violée…
Vous apprendrez (peut-être) à jouir de honte ou de douleur…
Vous supplierez (peut-être) pour que ça s’arrête enfin, ou (peut-être) pour que ça soit pire encore…

Vous serez (et là, il n’y a pas de peut-être) respectée à chaque instant…

Répondre