Volcane m’a fait la très belle surprise d’écrire la suite de l’histoire de L. (ici)
Comment la remercier pour ce cadeau mieux qu’en ne laissant pas L. livrée trop longtemps à elle-même ?
M’occuper de L. est un bien agréable devoir. Elle le mérite.

Rappel des épisodes précédents, à lire dans cet ordre :
L. [épisode 1]
L. [épisode 2 & 3]
L’invitation, par Volcane, sur son blog

Je me permets de reprendre à mon compte le joli titre choisi par Volcane : « L’invitation »
Voici donc la suite de l’histoire…

In Penance And Humility
[In Penance And Humility] © Singingnaturist (modèle : Lia)

Je ne prétends pas lire dans les pensées de L. Je ne cherche pas à décrypter ses sentiments entremêlés. Je n’en ai pas besoin; il me suffit de croiser le regard que, furtivement, elle ne peut s’empêcher de lever vers moi à intervalle presque régulier. Ce regard qui me supplie de faire que tout redevienne comme avant, comme si elle n’avait pas provoqué par sa tenue la naissance d’un espace-temps étrange et terrifiant, qui déjà nous emprisonne tous les deux. Ce regard qui me supplie, dans le même temps, de lui faire les honneurs de cet espace-temps. Je sais qu’elle a horriblement peur, mais qu’elle veut savoir, tout savoir. Et plus impérieux encore que la volonté de savoir, il y a l’obscur désir de ressentir, dans son âme et dans son corps, les lois qui vont bientôt s’imposer à elle. Oui, elle a horriblement peur des règles et des actes qu’elle va découvrir, mais rien ne la pousse à reculer ou à se rebeller. Ce regard où brille aussi une lumière que je n’ai aucun mal à identifier, l’espoir d’être conduite au bout d’elle-même pour trouver sa liberté. Mais c’est la peur qui, en cet instant, exerce toute son emprise sur son esprit et son corps. Oui, L. perd son pauvre sourire, L. pleure, L. tremble, devant cette porte entrouverte, qu’elle va franchir malgré l’enfer qu’elle devine…

- Debout !

Elle se redresse, se lève.

- Reculez !

Je l’arrête à deux mètres de moi à peu près, à l’endroit où tout-à-l’heure elle s’est dévêtue. Elle ne sait pas quoi faire de ses mains. Je décide de l’aider un peu en lui enjoignant de les placer derrière son dos. J’aimerais de la musique, mais cela attendra. Je la sais intelligente et, malgré la provocation certainement impulsive qui est à l’origine de la situation, réfléchie. Je trouve que le silence qui se réinstalle est propice à la poursuite d’une certaine réflexion. Je voudrais qu’elle comprenne que, quoiqu’il arrive ensuite, c’est elle qui me l’aura inspiré. Que ce sera une sorte de dialectique entre ma conscience et ma raison, d’un côté, et la liberté de son inconscient, de l’autre. J’espère qu’elle va comprendre, aussi paradoxal que cela puisse paraître, qu’elle sera plus libre que je ne le serai, parce qu’elle ne connaît pas les limites de ses désirs secrets, donc de ce qu’elle peut inspirer, alors que je serai, moi, contraint par l’obligation de ne pas la mettre en danger au-delà du raisonnable…

Je laisse passer ainsi plusieurs minutes. Je finis par me lever à mon tour et m’approcher tout près d’elle. Je touche ses seins. Pas vraiment une caresse, mais rien de vraiment agressif non plus. Je les touche, tout simplement. Je crois que nous savons tous les deux que c’est un instant décisif. C’est sa toute dernière chance d’effacer la demi-heure qui vient de s’écouler. Elle peut encore se dérober, se rhabiller, remplir nos verres, et tout cela n’aura jamais existé. Les larmes coulent à nouveau, mais elle ne cherche pas à fuir cet attouchement. Elle plante son regard dans le mien, sans insolence, juste pour dire : « Vous voyez, j’en suis capable ! »

- Avez-vous un corset ?

Timidement, comme si elle avouait une faute, elle me répond que non. Ce n’est pas grave, il est à peine plus de 17 heures 30, nous allons remédier à cela par un peu de shopping. Je sais qu’il y a une boutique adéquate pas très loin, il faut juste traverser le parc en diagonale et suivre la rue B. sur 200 mètres.

- Habillez-vous !

Comme elle se penche pour ramasser son string, je l’arrête immédiatement.

- Non. Pas les sous-vêtements. Seulement votre jupe et votre chemisier.

Elle rougit, violemment cette fois. Je la sens sur le point de protester, de tenter de me convaincre qu’avec cette jupe, ce serait indécent. Je prends les devants :

- Je sais que votre jupe est très courte. C’est précisément ce qui justifie l’absence de string. Quel intérêt, sinon ?

Elle se tait, enfile sa jupe, puis son chemisier. Elle ne me quitte pas des yeux pendant qu’elle le boutonne, redoutant sans doute que je lui impose un décolleté outrancier ! Je la laisse fermer presque tous les boutons. Elle semble provisoirement soulagée. Nous passons dans l’entrée, où avant de sortir elle me demande quelles chaussures elle doit mettre. Un bon point : elle a compris qu’elle ne doit prendre aucune initiative. Je lui souris le plus gentiment possible, avant de lui expliquer qu’elle va rester pieds nus pour cette ballade. Elle ne doit pas être très habituée à cet exercice, et ne pas l’apprécier, car cette fois elle ne peut réprimer sa protestation :

- Oh non !

Je juge inutile de répondre. Je me contente de patienter, sans la quitter des yeux. Elle n’ose pas les mots, mais son regard m’implore de changer d’avis. Ce qui est totalement hors de question. Non seulement je veux lui imposer cela, ce qui serait déjà une raison suffisante, mais la compagnie d’une femme pieds nus est pour moi une satisfaction esthétique. Je ne vais donc certainement pas renoncer à ce plaisir ! L. se décide finalement à passer la porte. Une fois dans la rue, elle est manifestement très gênée par les regards insistants que lui valent sa tenue un peu légère pour la saison et ses pieds nus, mais elle parvient à marcher d’un pas relativement décidé à mes côtés. J’ai pour elle, à cet instant, une tendresse certaine…

à suivre…

The Corset
[The Corset] © Gavin Bell

Une réponse à “L’invitation [suite]”
  1. Il n’y a pas à dire…L. est vraiment en de bonnes mains ;)

Répondre